OpenElec : Du nouveau dans la gestion des listes électorales

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La gestion des listes électorales est au sein d’une Mairie une activité fondamentale pour le bon fonctionnement de la démocratie. À ce titre, elle réclame un niveau élevé de pérennité et d’interopérabilité des données. OpenElec est une solution mise au point par le Service Informatique de la ville d’Arles. Il fonctionne avec succès dans différentes communes françaises ainsi que sur les serveurs du Conseil Général des Bouches du Rhône. Nous revenons ici avec François Raynaud, Directeur du Service Informatique (DSI) de la ville d’Arles, sur les motivations qui ont poussé les élus et le service informatique à créer OpenElec.

OpenElec est une solution originale de gestion des listes électorales. Développé par les services informatiques de la Mairie d’Arles, sa première mise en service remonte à mai 2004.

OpenElec propose toutes les fonctionnalités nécessaires à la mise en oeuvre des listes électorales et produit :

  • Les listes d’emmargement (pdf) ;
  • Les cartes d’électeurs (pdf) ;
  • Les mentions (procurations, centre de vote, mairie européénne) ;
  • Les étiquettes pour la propagande (pdf) ;
  • Les listes d’élécteurs ;
  • Les listes par bureau et générales de fin d’année ;
  • La liste annuelle des mouvements et les statistiques ;
  • Les envois de mouvements à l’insee et transfert des modèles C dans la base ;
  • Les tableaux de fin d’année ;
  • Le tableau du 10 février ;
  • Le tableau du 28 février ;
  • Le tableaux j-5 ;
  • La gestion du découpage.

Frédéric Joncour : Qu’est-ce qui a poussé la mairie d’Arles à développer sa propre solution et à la déposer dans le domaine public de sorte qu’elle soit librement disponible pour toutes les collectivités territoriales ?

François Raynaud : Cette volonté est venue avant-tout des élus. Nous devions procéder à une mise à jour coûteuse de l’existant (une version complète du marché vaut environ 30 000 € auquel il faut ajouter 5 000 € de contrat annuel de maintenance). Ensuite sur un point de vue technologique, plusieurs points nous dérangeaient, en premier lieu la difficulté à récupérer nos données en cas d’abandon d’une solution propriétaire pour une autre (interopérabilité). Dans ces conditions il était difficile pour nous de faire jouer la concurrence afin d’obtenir de meilleurs prix.

Le socle de la démocratie ce sont les élections et nous souhaitions pouvoir rester maître de nos données en toutes circonstances.

Le fait aussi que les solutions proposées sur le marché investissent un champ de plus en plus large de compétences nous dérangeait car il ne faisait qu’accroître un peu plus notre dépendance vis à vis de l’éditeur. En tant que service informatique, le contrat de maintenance obligatoire contracté avec la licence nous éloignait trop de notre coeur de métier car nous n’avions que peu de droit au niveau de la maintenance du serveur (défaut de garantie si nous intervenions nous même en cas de problème) et nous rendait trop dépendant à notre goût de la société de service qui nous avait cédé la licence. On peut rajouter aussi, et dans une moindre mesure, que le choix des technologies de développement qui avait été retenu par l’éditeur du progiciel que nous utilisions était mal adapté à nos ressources et faisait preuve d’une certaine lourdeur ce qui rendait quelquefois les machines instables.

ADULLACT : Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour l’Administration et les Collectivités Territoriales dont l’objet est : « Soutenir et coordonner l’action des collectivités territoriales, des administrations publiques et des centres hospitaliers dans le but de promouvoir, développer, mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres utiles aux missions de service public. » De très nombreuses collectivités sont membres de cette association dont Les Mairies de Toulon, Paris, Saint-Lô, etc, les Conseils généraux du Var et des Bouches du Rhône, la Communauté Urbaine de Lille Métropole, etc. Lire l’article…

Comme en Mairie d’Arles nous avions la chance d’avoir une équipe d’informaticiens et de développeurs passionnés, nous avons décidé de relever le défi.
Pour mettre toutes les chances de réussite de notre côté, nous nous sommes naturellement tourné vers l’ADULLACT (voir encadré ci-contre) et avons choisi de placer dès le départ notre projet dans le domaine public via la licence libre GNU car nous pensions que notre démarche pouvait intéresser d’autres collectivités territoriales ce qui s’est avéré vrai par la suite.

F.J : Sur un point de vue technique, pouvez-vous nous en dire plus au sujet d’OpenElec ?

F.R : OpenElec fonctionne en mode web. C’est à dire qu’une fois le serveur en place, il est inutile d’installer quoique ce soit sur les postes clients à partir desquels le travail de saisie et d’analyse sera effectué, il suffit juste de disposer d’un navigateur web comme Internet Explorer, Firefox ou Safari (Macintosh), ce qui est le cas de tous les ordinateurs.

Les choix technologiques que nous avons retenu dès le départ, notamment le langage de développement et la base de donnée offrent une application très fluide ne nécéssitant pas de ressources conséquentes pour le serveur et encore moins pour le ou les postes clients. J’ajoute que si OpenElec peut s’interfacer avec d’autres applications afin d’éviter autant que possible la redondance des saisies, son vrai métier c’est de gérer les listes électorales et rien que ça. Au final OpenElec est très économique parce que sa licence est gratuite et qu’il ne nécéssite pas de matériel spécifique pour bien fonctionner.

F.J : Pouvez-nous nous citer quelques exemples de déploiements réussis ?

F.R : Il y a tout naturellement notre Mairie d’Arles, mais aussi Trêts (13) ou encore Le Tholonet (13), vos lecteurs trouveront une liste non exhaustive des communes qui ont adopté notre progiciel sur le site d’OpenElec (voir encadré plus bas). Celà dit notre fierté c’est de voir que Le Conseil Général des bouches du Rhône a retenu notre solution pour moderniser sa gestion des listes électorales. Il a mis en place dans un premier temps une gestion centralisée de ses 80 collectivités. Désormais l’ensemble de ces collectivités ont tout loisir d’utiliser la totalité des fonctionnalités d’OpenElec soit en site propre soit à partir des serveurs du Conseil Général des Bouches du Rhône.

Pour un complément d’information vous pouvez suivre les liens ci-dessous :
Le site officiel de la ville d’Arles (13) :
http://www.ville-arles.fr

OpenElec – La solution libre de gestion des listes électorales :
http://openelec.org

L’Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour l’Administration et les Collectivités Territoriales où vous découvrirez de nombreux progiciels développés par des collectivités (Mairies et Conseils généraux en particulier) et pilotés par l’association :
http://www.adullact.org

La Free Software Fundation Europe (des précisions sur la licence GNU/GPL) :
http://www.france.fsfeurope.org
OpenCimetière – Un progiciel de gestion de concession de cimetière soutenu par l’ADULLACT et qui rencontre un franc succès :
http://adullact.net/projects/opencimetiere/
Des SSLL intégrateurs de logiciels libres partenaires de l’ADULLACT :
http://www.atreal.net
http://www.alternancesoft.com
http://www.comlair.net

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