ADULLACT : une association de collectivités pour le bien public

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ADULLACT : Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour l'Administration et les Collectivités territorialesQuel lien y-a-t-il entre Lille Métropole, Le Conseil Général des Bouches du Rhône, Les villes de Toulon, Arles, Saint-Lô, Annemasse, etc ?
Toutes ces collectivités sont membres de l’Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour l’Administration et les Collectivités Territoriales (ADULLACT).

L’adullact est une structure unique en Europe. Elle est née fin 2002 et représente à ce jour 4575 structures territoriales((1)) regroupant elles-mêmes 37 232 238 habitants. L’objet de cette association est : « Soutenir et coordonner l’action des administrations et des collectivités pour promouvoir, développer, mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres utiles aux missions de service public (administration, éducation, monde associatif, santé…)« .

Optimisation la dépense publique en terme d’infrastructure logicielle

« L’aventure a démarré en septembre 2002 lors de l’Université d’été de la Communication à Hourtin (Landes) » se souvient Matthieu Piaumier membre fondateur de l’association, « Il y avait François Élie, Philippe Allard, Claude Lambey, Pascal Feydel, Jean-Jacques Heilaud et moi-même. Nous partions d’un constat simple » rappelle-t-il, « de nombreux logiciels qui étaient proposés aux collectivités par les éditeurs privés correspondaient mal à nos besoins en termes de fonctionnalités et de ressources matérielles. Il était très difficile et le plus souvent impossible, de les modifier à notre convenance. » de plus, insiste Matthieu « L’interopérabilité des données et l’intégration de ces applications dans nos systèmes d’information était mal aisé car chaque éditeur naturellement, tentait de tirer la couverture à lui pour augmenter son emprise sur nos services sans se soucier de nos besoins rééls« .

Mise en commun d’applications développées en interne

À sa création fin 2002, la première action qu’entreprend l’adullact et qu’elle poursuit toujours d’ailleurs, c’est le recensement de logiciels développés en interne par certaines collectivités qui ont les moyens de mettre sur pied une équipe d’informaticien.
ADULLACT - Des logiciels libres par tous et pour tous
« Nous les encourageons à déposer leurs applications dans le domaine public en adoptant une licence open source((2)) afin de les partager avec d’autres collectivités. » raconte Matthieu. « Notre argumentation est simple, nous partons du principe qu’un Euro dépensé par une collectivité pour le développement d’une application est financée par l’argent du contribuable et qu’à ce titre elle doit bénéficier à l’ensemble des contribuables et donc à toutes les collectivités« . Dans l’ensemble indique Matthieu, « les collectivités réagissent plutôt bien et de nombreuses applications viennent trouver leur place sur notre plate-forme de téléchargement pour le plus grand bonheur d’autres collectivités qui sont en souffrance de solutions adaptées à leurs besoins.« .

Fédérer des collectivités et des entreprises volontaires autour de projets commun

La vocation de l’Adullact dès le départ était de fédérer des collectivités avec des entreprises pour les faire travailler ensemble. « Ce ne fut pas facile » assure Matthieu, « mais nous avons commencé par mettre en place une plate-forme de développement collaborative. Avec le temps des projets se sont mis en place« .
Des administrations possédant des ressources informatiques y déposent leurs projets. Elles sont ensuite rejointes par d’autres collectivités ou entreprises qui se montrent d’une manière ou d’une autre, intéressées par le projet. Tout le monde y trouve son compte. La collectivité à l’initiative du projet le voit avancer beaucoup plus vite tout en y consacrant moins d’efforts si elle le désire, grâce aux apports des différents participants. Les entreprises qui acceptent de travailler bénévolement sur le projet se dotent d’une véritable expertise qu’elles peuvent facilement valoriser auprès d’autres collectivités.

« Pour aller plus loin et proposer du support sur les applications développées au sein de la forge Adullact » note Matthieu, « nous avons buté sur des obstacles administratifs infranchissables qui tiennent notamment à la structure même des collectivités françaises. Ils leur est structurellement très difficile par exemple de passer des appels d’offres en commun. » d’ou l’idée de mettre en place une structure spécifiquement dédiée à cette tâche…

Création de la coopérative Adullact SCIC SA pour faciliter la négociation de contrat public/privé

Le reproche le plus souvent fait aux logiciels libres, c’est leur manque de support((3)). Ce manque de support est un frein à l’adoption de logiciels libres dans les collectivités car il laisse penser à la personne en charge des questions informatiques qu’elle devra assumer seule les défaillances de son système en cas de problème. La Coopérative Adullact SCIC SA a été créé en partie pour résoudre ce problème de support. Mais pas seulement. Sa particularité c’est de pouvoir procéder à desADULLACT SCIC SA appels d’offres de services dont bénéficieront par ricochet les collectivités. L’Adullact rassemble les demandes de fonctionnalités des utilisateurs et passe ensuite un appel d’offre auprès de sociétés de services informatiques (SSII) ou de sociétés de services en logiciels libres (SSLL) pour sous-traiter la résolution des problèmes. De la même manière, l’Adullact lance des appels d’offre auprès de SSII ou de SSLL pour sous-traiter le support de telle ou telle application. Les collectivités n’ont plus qu’à souscrire un contrat de maintenance avec l’Adullact SA qui renvoi son client vers la société qui a remporté l’appel d’offre pour le support. L’Adullact facture ensuite à la collectivité le support puis rémunère le prestataire de service.

Pour en savoir plus rendez-vous à : http://www.adullact-projet.coop/

l’ADULLACT en chiffres

  • Adhérents « Collectivités Territoriales et Administrations » : 111 ;
  • Adhérents « Établissements hospitaliers » : 2 ;
  • Adhérents « Établissements scolaires » : 1 ;
  • Adhérents « Associations » : 32 ;
  • Adhérents « Individus » : 57 ;
  • Adhérents « Entreprises » : 5.
  • Nombre total de structures territoriales représentées : 4 575 ;
  • Population totale représentée : 37 232 238.
  • Nombre de contributeurs sur la forge ADULLACT : 2 458 ;
  • Nombre de projets hébergés sur la forge ADULLACT : 284 ;
  • Nombre total de téléchargements sur la forge ADULLACT : 241 207.

Communiqué de l’Adullact : Les environnements bureautiques libres progressent constamment en efficacité et en fiabilité, ainsi la migration vers des postes de travail de plus en plus libre et leur intégration au sein des systèmes d’information représente un enjeu décisionnel majeur pour les directions informatiques territoriales. C’est dans ce contexte que l’ADULLACT organisera en mai prochain trois sessions sur la thématique du « Poste de travail Libre », en proposant l’intervention d’experts, des retours d’expérience de collectivités, et des démonstrations. (Lire la suite)

  1. Au travers essentiellement d’EPCI, de Conseils Régionaux et Départementaux, etc. [retour]
  2. En général Gnu Public License (GNU) [retour]
  3. Le support existe mais pas de la manière habituelle, c’est à dire pas par téléphone [retour]
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